Le samedi 8 octobre, des étudiantes au doctorat de l’UQAM, sous la direction du Dr. Dominic Hardy, viendront nous parler de différents aspects de la caricature au Québec

JOSÉE DESFORGES
Passionnée de caricatures, Josée Desforges fait un doctorat en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal. Ses champs d’intérêt pour l’art, les symboles nationaux et la politique canadienne actuelle la mènent inévitablement sur le chemin des caricaturistes qui œuvrent un peu partout au Canada.
En plus de prendre un malin plaisir à analyser les nombreuses couches de sens de ces dessins satiriques, elle étudie les correspondances visuelles entre les différentes productions caricaturales. Elle part du principe qu’un caricaturiste, loin d’être artiste isolé, s’inspire d’un large bassin d’images (œuvres d’art célèbres, autres caricatures, symboles, logos, photographies de presse, drapeaux…) et qu’il participe parfois lui-même à créer de nouveaux motifs qui seront repris à leur tour par d’autres caricaturistes. Dans sa présentation, Josée Desforges offrira un aperçu de ce panorama de références imagées en choisissant certaines caricatures canadiennes emblématiques.

JULIE-ANNE GODIN-LAVERDIÈRE
Dans le cadre des recherches doctorales en histoire de l’art qu’elle poursuit à l’UQAM, Julie-Anne Godin-Laverdière s’est rapidement aperçue que la censure du nu était souvent raillée par les journalistes et les caricaturistes canadiens. Il faut dire que les réactions suscitées par certaines œuvres s’y prêtaient plutôt bien ! C’est le cas, par exemple, d’une sculpture nommée La Famille, réalisée par Robert Roussil, qui a beaucoup intéressée les policiers à l’automne 1949. De même, le scandale engendré par la présentation d’une copie du célèbre David de Michel-Ange au centre commercial Fairview de Pointe-Claire, en 1965, a fait rire bien des gens.
Durant le festival 1001 visages de la caricature, Julie-Anne Godin-Laverdière montrera quelques-unes des caricatures publiées lors des censures de nu survenues à Montréal entre 1945 et 1965. Elle s’intéressera aussi aux photographies reproduites dans les journaux au moment de ces affaires : en raison de l’humour et du message satirique, ces images et les évènements censoriaux auxquels ils sont associés se transforment, en quelque sorte, en œuvres caricaturales.

NANCY PERRON
Nancy Perron s’intéresse au dessin autant dans le domaine pratique que théorique. Doctorante en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal, ses recherches portent sur le dessin satirique de l’artiste québécois Albéric Bourgeois, caricaturiste au journal La Presse entre 1905 et 1957. À l’occasion du Festival 1001 visages de la caricature, Nancy Perron parlera du style et des thématiques privilégiés dans l’œuvre de Bourgeois, des dessins qui mettent à l’honneur la Ville de Montréal et les comportements parfois cocasses de ses habitants, en se moquant de surcroît, des actions des politiciens d’ici comme d’ailleurs.
Au-delà de l’humour et de la critique sociale associée à la satire graphique, l’étude de ces caricatures permet de constater toute la virtuosité du dessinateur. En effet, l’intérêt porté envers les caricatures de Bourgeois relève aussi de la force du dessin original qui montre des choses qui ne sont pas visibles sur la copie imprimée. Les dimensions, les supports et les matériaux employés exposent bien les choix esthétiques et l’évolution technique de l’artiste. Les dessins originaux offrent ainsi une perception tout à fait différente de la version imprimée dans le journal.